Le Burkina Faso, dans la tourmente du CoVid-19

Depuis 2011, le Burkina fait face à une succession de crises, toutes plus graves les unes que les autres.

Crise politique, situation sécuritaire catastrophique en raison des groupes terroristes qui multiplient les attentats et les massacres, crise humanitaire liée aux centaines de milliers de personnes fuyant les exactions des djhadistes, et désormais l’apparition des premiers cas de Coronavirus.

Le Burkina a fait partie des premiers pays d’Afrique de l’Ouest touchés par le Coronavirus. Et le pire était à craindre, compte tenu de la fragilité du système de santé du pays, et de ses moyens très limités. On compte en effet moins d’un médecin pour 10 000 habitants au Burkina, quand, en France, on en recense en moyenne 33 .

De plus, la pandémie touche le pays au pire moment, en pleine saison sèche, lorsque les populations doivent se regrouper autour des forages d’eau, et que la situation alimentaire est fragile.

Et pourtant, le pays fait face, comme il a toujours su faire face à toutes les crises auxquelles il a été confronté. Les initiatives de toutes sortes se multiplient. Les entreprises, fondations et ONG diverses, et de nombreux mécènes financent et distribuent en masse des dispositifs pour se laver les mains dans toutes les administrations et lieux accueillant du public, accompagnés de lots de savons et autres produits d’hygiène, mais aussi des lots de sacs de riz et autres céréales destinés à l’aide aux plus faibles ; les artisans locaux produisent et vendent des masques, fabriquent leurs propres dispositifs lave-main et même inventent de nouveaux modèles plus performants.

Dans les grandes villes, qui représentaient pourtant des « clusters » explosifs potentiels compte tenu de la promiscuité de certains quartiers et des activités quotidiennes indispensables pour les habitants, des couvre-feu sont instaurés en soirée, les « maquis », ces restaurants et bars populaires ont été poussés à fermer, tout comme es principaux marchés, les transports en commun (bus) ont été suspendus, certaines villes ont été placées en quarantaine, et les quelques cas de Covid-19 avérés ou suspects ont été rapidement isolés dans des cliniques ou hôpitaux dédiés à la gestion de ces cas.

Et il semble que cela paie, car le nombre de cas, et surtout de décès, restent -apparemment- limités en comparaison avec les chiffres catastrophiques de la France. Ainsi, début mai, 688 cas de Covid sont recensés dans le pays, 548 guérisons avérées et 48 décès confirmés, pour une population totale d’environ 20 millions d’habitants.

Pour autant la situation reste préoccupante et fragile, même si le pays commence doucement à alléger les restrictions.

Nous souhaitons de tout coeur que cette amélioration se poursuive ainsi que le pays sorte rapidement de cette crise sanitaire.

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