5e journée : à la recherche des devis

Après la petite pause « tourisme » de dimanche, nous avons prévu un programme plutôt chargé pour aujourd’hui : essayer de collecter les tarifs de tout ce que les villageois nous ont demandé lors de notre visite samedi, pour voir ce que nous pourrons financer (ou pas !), et quel ordre de priorité donner éventuellement aux achats.
Il est également temps de repasser au bureau de change, pour avoir les fonds nécessaires aux achats le cas échéant.

Afin de rationaliser au mieux notre parcours (et nous éviter des ampoules aux pieds…) nous avons donc présenté ce programme à Salif, seul à même de nous guider efficacement.

Et puis hop, en avant ! Nous allons dans un premier temps chercher les tarifs pour les barriques (nécessaires pour le système de refroidissement du moteur du moulin à mil communautaire). Chemin faisant, nous tombons sur un vendeur de moulins, donc nous en profitons pour obtenir les tarifs pour un moteur, une meule, ainsi que pour une décortiqueuse à arachides. Les tarifs nous sont donnés à titre indicatif sur un petit papier, car les prix varient d’une année sur l’autre. Mais ces données sont précieuses pour le budget prévisionnel du Projet Bamisa.
Et ce vendeur propose également des barriques, « clés en main » (déjà soudées, avec les raccords, …) pour un tarif intéressant (45000 CFA, soit environ 70€). Salif veut cependant se renseigner sur les tarifs d’achat de barriques simples, à emporter chez un forgeron pour qu’il les configure comme il se doit. Mais les tarifs proposés pour l’achat des barriques simples (24000CFA, soit 35€) ne rend pas vraiment l’opération rentable si on tient compte des frais du forgeron, et de toutes les complications et démarches que cela suppose …
Cependant, le vendeur des barriques simples propose également le modèle de réservoir qui pourrait servir à développer un système de goutte à goutte au village, et nous avons pu récupérer le tarif (70000CFA, soit 106€). Dans la mesure où c’est une des suites envisageables à la formation en agro-écologie, c’est intéressant.

Nous passons par le bureau de change, pour renflouer le porte monnaie de la mission, et nous nous trouvons alors confrontés à un « léger souci » puisque le bureau de change ne prend que les grosses coupures (50 et 100€)… et que nous avons 390€ en petites coupures (5, 10 et 20€). Heureusement, comme toujours, Salif nous sort un lapin de son chapeau, il a le contact d’un banquier qui peut nous dépanner. Il l’appellera plus tard.

Ensuite, direction le forgeron, qui a déjà réalisé plusieurs matériels pour nous et que connaît bien Salif. Nous allons lui demander le prix, et, en fonction de cela, lui commander directement la nouvelle table de séchage de grains demandée par les femmes.
Nous avons eu la chance de tomber sur le fils du patron, qui a gentiment accepté de nous « faire un prix » : la table va donc nous coûter seulement 25000CFA (38€), alors que nous avions payé la première 42000CFA (64€). Nous versons 15000CFA pour qu’il puisse se procurer les matériaux nécessaires, et nous verserons le reste à la livraison.

Nous profitons d’être dans le quartier pour nous renseigner sur les tarifs des T-shirts (imprimés avec le logo de l’association). Et nous constatons qu’ils sont quasiment imbattables : 1750CFA l’unité, vendus par 12, soit 21000CFA (32€). Soit le prix de 2 T-shirts en France !
Nous allons donc vite préparer un modèle de logo pour Maaninré Tiiga, afin de disposer de T-Shirts pour nos stands, les bénévoles, ou encore pour les vendre lors de l’éventuel concert au Krakatoa.
J’espère que nous pourrons imprimer chez Alain, dans notre logement. Sinon, nous irons dans un cybercafé, en espérant que le rendu des couleurs sera bon…
Le cas échéant, nous ferons peut-être aussi (à moins que Pascale ou Carole vous vous en chargiez ?) un modèle en « noir et blanc » qui passera mieux par précaution …
C’est ce même vendeur qui peut également nous faire des banderoles de 3m de long, pour 45000CFA l’unité (70€). A étudier pour une prochaine mission ? là encore, les filles, vous pourrez peut-être travailler sur un modèle, car une banderole pourrait être utile pour décorer nos stands …

Comme nous sommes dans le quartier où habite Salif, ce dernier en profite pour nous proposer d’aller chez lui et nous présenter sa famille, et le deux pièces où il habite. Ses petites soeurs (il en a 6) sont toutes adorables, et ses mères (il en a deux) très gentilles. Nous n’avSalut Soeurette !
Merci beaucoup !
Il se trouve cependant que ce n’était comme je l’ai dit qu’une « mise en jambe ». Le plus gros du travail va commencer maintenant, après la première visite du village, et surtout après notre déplacement mardi à Boromo. Tout sera détaillé progressivement ! nous n’avons pas croisé son père, parti à Ouagadougou gérer leurs boutiques respectives.

Ce petit détour par le logement de Salif sera également l’occasion, pour Vanessa, d’acheter du tissu et d’aller commander une robe chez le tailleur que connaît bien Salif. Comme nous avons déjà bien avancé dans notre programme, Vanessa a pu se permettre de prendre tout son temps pour choisir son modèle de robe ; pendant ce temps, Thomas et moi nous nous reposions au frais, car la température n’a pas cessé de grimper tout au long de la journée, jusqu’à devenir quasiment insupportable.

Nous avons ensuite repris notre chemin en direction du vendeur de matériel solaire que nous avions rencontré grâce à Nicolas Charbonneau, l’entrepreneur avec lequel j’étais en contact avant de venir, et avec qui nous allons travailler autour de l’élaboration de l’équipement photovoltaïque du bâtiment du projet Bamisa.
En effet, nous n’avons pas eu le temps d’aller visiter sa boutique, car il voulait nous mettre aussi en relation avec ses … concurrents, car en fait ils travaillent tous ensemble ! Et du coup, c’est vers ce dernier que nous nous sommes tournés, pour acheter des lampes solaires pour les femmes. Nous avions repéré un modèle, que Alain, notre hôte, utilise (nous l’avons d’ailleurs vu à l’oeuvre suite à une coupure de courant juste avant le repas il y a deux jours) et il devrait suffire aux femmes.
C’est du matériel chinois, pas très cher, mais très simple d’utilisation et apparemment bien efficace. Et le magasin propose d’office une garantie en cas de problème.
Nous avons donc choisi d’en acheter deux, à 5500 CFA L’unité (8,5€, soit 17€ en tout), l’une pour les femmes de l’atelier Bamisa, l’autre pour la couturière, sachant qu’elles pourront se les prêter mutuellement puisqu’elles partagent les mêmes locaux.

Nous avons ensuite repris le taxi en direction de Ouaga, pour aller manger. Au passage, nous nous arrêtons à la Poste, pour acheter quelques cartes postales à titre personnel.

La pause déjeuner est bienvenue, car la température continue de grimper, et nous nous liquéfions vraiment à force de marcher. Nous retournons au restaurant « le Verdoyant », où de gros ventilateurs extérieurs nous permettent de reprendre quelques forces, comme les bons plats que nous dégustons.
Et Vanessa et Tristan craquent même pour des coupes de glace maison. Une folie (un peu chères) mais trooooop bonnes, tout comme le café final.

Comme nous avons quasiment bouclé notre programme dans la mâtinée, nous prenons tout notre temps pour manger. Nous en profitons également pour appeler la coopérative de femmes tisseuses où nous comptons nous rendre demain après notre visite à Boromo puisque nous aurons un véhicule, ceci afin de nous assurer que la boutique sera ouverte. Nous espérons y trouver des beaux tissus, notamment des écharpes, et des nappes brodées.

Puis tranquillement, nous reprenons la route du logement, assommés par la chaleur. Nous devons nous poser pour préparer la journée de demain, capitale, et faire un point précis sur le budget. De plus, Salif doit accomplir des démarches administratives pour un ami habitant Bobo Dioulasso.

C’est là qu’Hamadou, un ami de Salif, qui nous a servi de guide il y a deux ans lorsque Salif est parti travailler en Allemagne, est rapidement venu nous saluer.

Nous avons ensuite fait le bilan de la journée, mis à jour nos listes des « choses à faire » et surtout fait un point financier, qui fut le bienvenu car les quelques dépenses prévues aujourd’hui seront sans doute les seules que nous pourrons faire, car le budget qui nous reste est attribué à des lignes budgétaires fixes : déplacements, achat des fournitures scolaires, achat d’artisanat, …

Puis, l’heure du repas arrivée, nous avons partagé notre repas avec près d’une dizaine de convives, des amis ou clients d’Alain pour la plupart, un bon partagé, certains étant des baroudeurs, d’autres des expatriés.

Nous retrouvons Salif et son ami chauffeur demain matin vers 7h00, pour aller à Boromo, à 2h30 de route de Ouaga. Il nous faut absolument y être pour 10h, histoire d’avoir deux heures pour discuter de notre projet avec l’équipe de la voûte nubienne présente sur place, car ceux-ci ne sont plus disponibles à partir de midi.

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