3e journée : visite au village (2)

Après les longues discussions, le bilan des actions, les remerciements, nous avons donc été conviés à nous balader dans le village.

Cette visite, que nous faisons chaque année, est capitale, car c’est dans ces moments plus « confidentiels » que nous apprenons, ou comprenons, certaines choses. Car nous pouvons plus facilement discuter avec les personnes concernées, et pas devant toute l’assemblée. Mais c’est aussi à cette occasion que, souvent, la liste des doléances s’allonge …

Nous sommes allés vérifier que le nouveau moteur du moulin à mil communautaire, financé l’année dernière, fonctionne bien. C’est là que nous avons appris le problème du système de refroidissement (barriques percées à remplacer). C’est là également que les villageois nous ont suggéré, dans l’éventualité où nous financerions un nouveau bâtiment, de le faire plus grand, afin d’envisager pourquoi pas d’installer un deuxième moulin avec l’ancien moteur.
En effet, nous avons appris que certaines femmes viennent parfois de loin pour moudre leur grain dans le moulin de Kinsi !

Nous sommes ensuite allés visiter l’atelier Bamisa, installé dans l’ancienne « maternité de brousse » que nous avions installé.
Ce fut l’occasion de constater que le bâtiment se dégrade : infiltrations d’eau, fissures au pied des murs … et le mur de la cour s’est effondré avec les pluies abondantes. Il devient donc urgent d’intervenir, et de financer le nouveau bâtiment.

Du coup nous avons demandé à voir la parcelle sur laquelle serait implantée le futur bâtiment. Comme je le craignais, elle se situe loin du forage, mais les villageois m’ont assuré que ce ne serait pas un problème car ils ont l’habitude de transporter de l’eau. Nous avons profité de l’occasion pour mesurer globalement la parcelle avec un décamètre, pour vérifier si elle était assez grande pour accueillir le bâtiment dans son ensemble, et il apparaît que oui, puisqu’elle forme un quadrilatère de 16×17 m environ et que l’ensemble de l’unité de production, une fois achevée, ne dépassera pas les 16 m, tant en largeur qu’en longueur.

C’est aussi à ce moment de la visite que nous avons appris qu’il existerait un nouveau forage dans le village, mais nous n’avons pas eu le temps d’approfondir la question, nous avons préféré reporter cela à la prochaine visite mercredi.

Les maraîchers ayant participé à la formation ont ensuite souhaité nous montrer le matériel qu’ils ont reçu (outils, et pompe d’irrigation), pour que nous prenions la dimensions du raccord dont ils ont besoin.
Et ils nous ont également demandé à quoi servait la « sarcleuse » qu’Eric, Michèle et Sylvaine ont fait fabriquer selon les plans que le frère du docteur Laurent, agronome, m’avait fait parvenir.
Cet instrument s’apparente à une charrue, mais ne nécessite pas de traction animale. il repose sur une roue de bicyclette, fonctionne par la simple poussée de l’agriculteur.
L’effort physique nécessaire est cependant sans commune mesure avec le travail manuel de labour et semailles pratiqué habituellement courbé avec une houe traditionnelle, ou « daba ». Et le gain de temps n’est pas négligeable non plus.
lorsque je leur ai expliqué tout ceci, les villageois ont une nouvelle fois applaudit, et commençaient déjà à imaginer tous les avantages de cette machine. Ils avaient d’ailleurs hâte d’aller l’expérimenter en conditions réelles, ce qu’ils feront sans doute avant notre prochaine visite.

Pour clôturer la visite, les villageois voulaient nous faire découvrir les parcelles mises en oeuvre dans le cadre de la formation, et notamment les parcelles de soja ; mais les pluies récentes ont rendu
 le terrain impraticable. Nous espérons que cela s’améliorera d’ici mercredi, et notre dernière visite, dimanche prochain.

Enfin, nous avons été invités à nous restaurer en compagnie des chefs (poulet en sauce, riz, oeufs durs, et, au choix, Coca Cola, Fanta ou … Bière) avant de retourner une dernière fois auprès de l’assemblée des villageois.

Là, nous avons donné les bacs pour le karité, et vu avec les femmes si elles savaient préparer de l’huile de karité, ce qui est apparemment le cas. Nous leur rapporterons donc un contenant spécial pour l’huile mercredi.
Nous avons également récupéré le carnet du compte d’épargne des femmes, afin d’y déposer l’argent du karité.

Enfin, avant de prendre congé, nous avons tenu à discuter avec les femmes en charge de la production de farine Bamisa du plan du bâtiment, pour voir si le plan que nous avons conçu, et l’équipement que nous avons prévu, leur conviendrait, et si elles avaient éventuellement des remarques à formuler.

Ce fut ensuite une nouvelle longue suite de remerciements et d’applaudissements, avant de saluer tout le monde et de repartir sur Ouagadougou. 

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