Dernières nouvelles du village

Nous restons biens évidemment très régulièrement en contact avec Salif, le délégué de notre association sur place. Celui-ci fait d’ailleurs face à de grosses difficultés financières suite à l’enchaînement successif des multiples crises qui touchent le Burkina.

Aussi, l’association s’efforce de l’aider autant que possible pour traverser cette période difficile, par des contributions financières régulières dans le cadre de l’indemnité que l’association lui verse pour son engagement, par l’achat d’artisanat, …

Et en retour, malgré ses difficultés quotidiennes, Salif continue à s’engager pleinement dans les actions de l’association, allant même jusqu’à prendre des initiatives coûteuses pour lui, puisqu’il n’a pas hésité à financer du matériel de prévention pour le Covid-19 et en faire don au village.

Ainsi, il a fait don au groupement de femmes un « lave-main » qu’il a payé lui-même, ainsi qu’un lot de masques confectionnés par sa femme, qui est couturière.

Daniel, le président du comité de Gestion (à gauche), reçoit le lave-main apporté par Salif (au milieu) en compagnie de son adjoint.

lot de masques apportés par Salif
Le doyen du village, très âgé, a été le premier bénéficiaire d’un des masques apportés par Salif.

Cette visite au village aura permis à Salif de constater que tout allait bien, et qu’apparemment aucun villageois n’avait été pour l’instant touché par le coronavirus.

Particulièrement satisfaits des cadeaux apportés par Salif, les villageois ont chaleureusement remercié Salif. Par ailleurs, les femmes en charge de la production de Farine Bamisa ont sollicité Salif pour pouvoir bénéficier à leur tour d’un lave-main.

Cette visite au village aura également été l’occasion, pour Salif, de lancer, à l’initiative des jeunes du village, un projet qu’il avait évoqué lors de notre dernière mission en février 2019 : la construction, et l’équipement progressif d’un « foyer » où les jeunes pourraient se réunir, jouer, mais aussi pourquoi pas étudier, faire leurs devoirs, … et pourquoi pas à terme regarder la télévision ensemble.

C’est évidemment un projet que l’association soutiendra autant que possible. Pour l’instant, les jeunes ont donc commencé à préparer les briques en terre crue pour le futur bâtiment, qui sera certainement construit selon la technique de la voûte nubienne, puisque le maçon habite désormais dans le village.

L’association pourra participer progressivement à l’équipement de ce bâtiment, en finançant des meubles, pourquoi pas aussi un baby foot, des ballons, mais aussi des panneaux photovoltaïques afin d’alimenter, à terme, éclairage, télévision, et même pourquoi pas un réfrigérateur. Il avait également été question de financer un auvent en structure métallique devant le bâtiment, et pourquoi pas aussi des jeux d’extérieurs pour les plus jeunes (balançoires, …).

Nous savons que ce projet en faveur des jeunes tient à coeur à Salif, lui même déjà très investi auprès des jeunes de son quartier à Ouagadougou.

Le Burkina Faso, dans la tourmente du CoVid-19

Depuis 2011, le Burkina fait face à une succession de crises, toutes plus graves les unes que les autres.

Crise politique, situation sécuritaire catastrophique en raison des groupes terroristes qui multiplient les attentats et les massacres, crise humanitaire liée aux centaines de milliers de personnes fuyant les exactions des djhadistes, et désormais l’apparition des premiers cas de Coronavirus.

Le Burkina a fait partie des premiers pays d’Afrique de l’Ouest touchés par le Coronavirus. Et le pire était à craindre, compte tenu de la fragilité du système de santé du pays, et de ses moyens très limités. On compte en effet moins d’un médecin pour 10 000 habitants au Burkina, quand, en France, on en recense en moyenne 33 .

De plus, la pandémie touche le pays au pire moment, en pleine saison sèche, lorsque les populations doivent se regrouper autour des forages d’eau, et que la situation alimentaire est fragile.

Et pourtant, le pays fait face, comme il a toujours su faire face à toutes les crises auxquelles il a été confronté. Les initiatives de toutes sortes se multiplient. Les entreprises, fondations et ONG diverses, et de nombreux mécènes financent et distribuent en masse des dispositifs pour se laver les mains dans toutes les administrations et lieux accueillant du public, accompagnés de lots de savons et autres produits d’hygiène, mais aussi des lots de sacs de riz et autres céréales destinés à l’aide aux plus faibles ; les artisans locaux produisent et vendent des masques, fabriquent leurs propres dispositifs lave-main et même inventent de nouveaux modèles plus performants.

Dans les grandes villes, qui représentaient pourtant des « clusters » explosifs potentiels compte tenu de la promiscuité de certains quartiers et des activités quotidiennes indispensables pour les habitants, des couvre-feu sont instaurés en soirée, les « maquis », ces restaurants et bars populaires ont été poussés à fermer, tout comme es principaux marchés, les transports en commun (bus) ont été suspendus, certaines villes ont été placées en quarantaine, et les quelques cas de Covid-19 avérés ou suspects ont été rapidement isolés dans des cliniques ou hôpitaux dédiés à la gestion de ces cas.

Et il semble que cela paie, car le nombre de cas, et surtout de décès, restent -apparemment- limités en comparaison avec les chiffres catastrophiques de la France. Ainsi, début mai, 688 cas de Covid sont recensés dans le pays, 548 guérisons avérées et 48 décès confirmés, pour une population totale d’environ 20 millions d’habitants.

Pour autant la situation reste préoccupante et fragile, même si le pays commence doucement à alléger les restrictions.

Nous souhaitons de tout coeur que cette amélioration se poursuive ainsi que le pays sorte rapidement de cette crise sanitaire.

Que 2020 voit la paix et la sérenité revenir au Burkina

Compte tenu de la terrible situation sécuritaire et sanitaire que le Burkina connaît depuis 2011, situation qui s’aggrave de jour en jour, il nous est difficile de ne pas penser à nos amis.

Nous n’avons donc pas le cœur à faire la fête, Toutes nos pensées vont à toutes les victimes des actes terroristes quotidiens qui endeuillent chaque jour un peu plus ce magnifique pays.

Nos vœux, en ce début d’année, seront donc simples : que la paix revienne rapidement en Afrique de l’Ouest, et que les populations des pays impactés par les groupes terroristes retrouvent un minimum de sérénité.

Festival des Solidarités à Angoulême

Retrouvez-vous nous le samedi 16 novembre 2019 pour l’ouverture du Festival des Solidarités Angoulême. A l’invitation de la « Maison des peuples et de la paix » Nous animerons un atelier d’initiation et de découverte des jeux traditionnels africains à la MJC Louis Aragon, de 14h30 à 18h.

Dernières nouvelles du village

Salif est allé rendre visite aux villageois au début de la semaine, pour s’assurer que la saison des pluies 2019 permet une irrigation suffisante pour les cultures, et ainsi estimer si les récoltes à venir seront suffisantes.

Salif est allé discuter avec le doyen (au centre) et Daniel, le président du comité de gestion (à droite), pour prendre des nouvelles du village.

Et visiblement c’est le cas : les pluies ont été abondantes, sans pour autant inonder les champs, les marigots se sont bien remplis, et les cultures semblent bien vigoureuses, ce qui est un bon présage pour les récoltes à venir.

les cultures de sorgho et maïs placées autour du marigot semblent bien pousser.

Premier projet de l’année financé !

Nous avons pu financer le premier projet pour lequel nous avons été sollicité au cours de la mission : une plaque solaire, destinée à éclairer le bâtiment du moulin à mil.

En effet les femmes nous ont expliqué que le moulin bénéficie aussi bien au village de Kinsi qu’aux villages alentours. Nombreux sont donc ceux qui, tous les soirs, souhaitent faire moudre leurs grains.

Or la nuit, au Burkina Faso, tombe assez tôt (vers 18h heure locale) et faute d’éclairage l’activité de mouture des grains devait s’arrêter et être reportée au lendemain.

Désormais, l’installation de cette plaque photovoltaïque permet d’éclairer l’extérieur et l’intérieur du bâtiment du moulin, les femmes peuvent donc poursuivre l’utilisation du moulin même quand la nuit est tombée.

De plus, elles peuvent profiter de l’installation pour recharger leurs téléphones portables, ce qui leur fait gagner du temps et leur évite de devoir aller à Dapélogo, à une dizaine de kilomètres de Kinsi.